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Via ferrata et tyrolienne

Via ferrata du Diable, 7 parcours entre gorges, forts et sensations verticales

Benjamin Vincent 8 min de lecture
Via ferrata du diable : ferratistes sur passerelle au-dessus des gorges

La via ferrata du Diable se situe entre Aussois et Avrieux, en Haute Maurienne Vanoise, dans un décor où les gorges de l’Arc, les forts de l’Esseillon et les passerelles aériennes se croisent. Le site réunit 7 parcours indépendants, cotés de F à TD, pour une longueur cumulée de 3 760 m et une durée totale généralement estimée entre 6 et 8 heures, parfois jusqu’à 9 heures selon le rythme et les enchaînements.

Son intérêt est simple : chacun peut choisir son itinéraire selon son niveau, son envie de vide et le temps disponible. Avant de partir, il faut surtout vérifier le bon départ, la météo, la durée réelle et le niveau d’exposition.

Un site majeur entre gorges, forts et sensations verticales

La via ferrata du Diable n’est pas une seule ligne continue, mais un ensemble de tronçons que l’on peut faire séparément ou enchaîner. Ce découpage rend le site très souple : on peut venir pour une initiation courte, une sortie progressive ou une vraie journée de ferrata.

Via ferrata du diable à Aussois, vue panoramique des gorges de l’Arc et des forts de l’Esseillon
Via ferrata du diable à Aussois, vue panoramique des gorges de l’Arc et des forts de l’Esseillon

Le décor compte autant que la difficulté. Les itinéraires évoluent autour du Fort Victor-Emmanuel, de la Redoute Marie-Thérèse et du Pont du Diable, avec des vues plongeantes sur les gorges de l’Arc. Selon le parcours choisi, on rencontre des vires, des murs verticaux, des traversées, des dévers, des ponts, des passerelles et des passages proches de cascades. L’ambiance peut donc passer de familiale à franchement vertigineuse en quelques centaines de mètres.

Le bon choix ne dépend pas seulement de la cotation. Il faut aussi tenir compte du vide supporté, du temps que l’on veut passer sur le site et de sa capacité à rester lucide quand le rocher devient plus raide. Un pratiquant très sportif peut être freiné par une passerelle suspendue, tandis qu’un débutant calme dans le vide avancera sans difficulté majeure sur un itinéraire modéré. Ici, la gestion mentale compte autant que la force dans les bras.

Accès, parkings et départs : bien choisir son point d’entrée

Le site se trouve en Savoie, sur les communes d’Aussois et d’Avrieux. Les départs varient selon les tronçons : certains se prennent près du Fort Victor-Emmanuel, d’autres depuis la Redoute Marie-Thérèse ou vers le Pont du Diable. C’est un point essentiel, car tous les parcours ne commencent pas au même endroit et les marches d’approche ne sont pas identiques.

Les grands repères pour s’orienter

Le Fort Victor-Emmanuel sert de repère central pour plusieurs itinéraires, notamment ceux qui montent ou traversent au-dessus des gorges. La Redoute Marie-Thérèse constitue un autre accès pratique, surtout pour limiter certaines approches. Le Pont du Diable, lui, marque davantage l’ambiance spectaculaire du site, avec un rapport direct aux gorges et au vide.

Avant de démarrer, repérez le départ exact du parcours choisi et son retour. Une erreur fréquente consiste à stationner au mauvais endroit puis à ajouter inutilement de la marche avant même de s’équiper. Pour une première venue, mieux vaut éviter un enchaînement trop ambitieux : le site est vaste, l’altitude avoisine 1 300 m, et les liaisons entre les tronçons peuvent allonger la sortie.

Ouverture et vérification avant déplacement

L’accès est libre, mais la pratique dépend des bonnes conditions météo. Pluie, orage, neige résiduelle, rocher humide ou vent fort peuvent rendre les passerelles et les barreaux beaucoup moins sûrs. Il est recommandé de vérifier l’accès avant de partir, notamment auprès de l’office de tourisme ou par téléphone au 04 79 20 30 40.

Un topo PDF, une carte interactive ou un itinéraire vers le parking peuvent aider à préparer la sortie. Ces supports ne remplacent pas l’observation sur place : si un panneau, une fermeture ou une météo instable contredit le programme prévu, il faut adapter le parcours.

Les 7 parcours de la via ferrata du Diable en un coup d’œil

Les cotations vont de F à TD, ce qui permet d’accueillir des enfants, des débutants accompagnés, des initiés et des ferratistes confirmés. Le tableau ci-dessous rassemble les données utiles pour comparer rapidement les tronçons.

Via ferrata du Diable à Aussois
Parcours Longueur Durée Niveau et public conseillé Repères techniques
Les Angelots 200 m 30 min à 1 h Initiation, enfants dès 5 à 6 ans Hauteur 4 à 8 m, altitude max 1350 m, approche 5 min, retour 5 min
Les Diablotins 500 m 45 min à 1 h 30 Enfants 9 à 10 ans, première partie possible vers 6 à 8 ans Hauteur 50 m, parcours plus engagé que les Angelots
Le Chemin de la Vierge 500 m 2 à 3 h Pratiquants déjà à l’aise Approche 25 min, itinéraire plus long et soutenu
La Traversée des Anges 360 m 1 h à 1 h 30 Initiés recherchant une traversée aérienne Altitude max 1350 m, approche 5 min
La Montée au Ciel 450 m 1 à 2 h D, pour ferratistes sportifs +120 m, hauteur 200 m, approche 30 min depuis le Fort Victor-Emmanuel ou 10 min depuis la Redoute Marie-Thérèse
Descente aux Enfers et Montée au Purgatoire 450 m + 350 m de sentiers 1 h 30 à 3 h Pratiquants endurants et sûrs d’eux -170 m puis +120 m, hauteur 100 m, approche 30 min, passerelle des Enfers de 20 m
Les Rois Mages 300 m 1 h à 1 h 30 Confirmés, à éviter si le vide impressionne Approche 30 min, passages aériens et techniques

Les longueurs peuvent sembler modestes prises séparément, mais la difficulté ne se résume pas aux mètres parcourus. Un passage en dévers, une passerelle de 80 mètres, un pont de singe d’une vingtaine de mètres ou une section très verticale peuvent peser davantage qu’une longue vire facile.

Quel parcours choisir selon votre niveau ?

Pour une première expérience ou une sortie avec enfants

Les Angelots sont le choix le plus logique pour découvrir le site avec de jeunes enfants ou pour tester l’équipement sans trop s’engager dans le vide. La faible hauteur, la marche d’approche de 5 minutes et le retour rapide permettent de garder une marge confortable. Les Diablotins peuvent ensuite servir de progression, surtout si la première partie est envisagée avec des enfants plus jeunes et bien encadrés.

Infos pratiques et niveaux de la Via ferrata du Diable | Découvrez la présentation officielle de la Via ferrata du Diable à Aussois, avec ses 7 tronçons indépendants adaptés à tous les niveaux, de facile à très difficile.

Pour une famille, le bon critère n’est pas de faire plus, mais de sortir avec une bonne expérience. Si un enfant se crispe dès les premiers mètres, mieux vaut écourter que transformer l’initiation en épreuve. Le plaisir en via ferrata vient de la fluidité, pas de l’obligation d’aller au bout.

Pour une sortie sportive mais raisonnable

La Traversée des Anges et le Chemin de la Vierge conviennent à des pratiquants qui veulent sentir l’ambiance du site sans viser immédiatement les tronçons les plus exigeants. Ces parcours demandent déjà de l’aisance sur les barreaux, de la concentration et une bonne gestion du vide.

La Montée au Ciel, cotée D, marque un cran supérieur. Avec ses 450 m, ses +120 m et sa hauteur de 200 m, elle s’adresse à des ferratistes capables de grimper régulièrement sans se fatiguer trop vite. L’approche peut être de 30 minutes depuis le parking du Fort Victor-Emmanuel ou de 10 minutes depuis la Redoute Marie-Thérèse, ce qui change aussi l’effort total.

Pour les confirmés en quête d’ambiance

La Descente aux Enfers et Montée au Purgatoire, ainsi que les Rois Mages, sont à réserver aux personnes déjà habituées aux itinéraires aériens. La première combine descente, remontée, sentiers et passerelle, avec une durée pouvant aller jusqu’à 3 heures. Les Rois Mages, plus courts avec 300 m, ne sont pas forcément plus faciles sur le plan psychologique : l’exposition et les passages techniques peuvent impressionner.

Si vous hésitez entre deux niveaux, choisissez le plus facile. Sur ce site, il sera toujours possible de revenir pour un tronçon plus engagé. Une surestimation, en revanche, peut devenir gênante une fois engagé sur une ligne de vie.

Sécurité, équipement et erreurs à éviter

Une via ferrata reste une activité verticale. Le matériel de base comprend un casque, un baudrier, une longe de via ferrata avec absorbeur d’énergie et des chaussures adaptées. Des gants peuvent améliorer le confort sur les câbles et les barreaux, surtout sur les parcours longs ou par temps frais.

L’encadrement par un professionnel est conseillé, en particulier pour les enfants, les débutants, les groupes ou les personnes qui découvrent les cotations. Un guide aide à choisir le bon tronçon, à régler le matériel, à gérer les distances entre pratiquants et à renoncer au bon moment si les conditions changent.

Ne partez pas sous l’orage : les câbles métalliques, le rocher mouillé et les passerelles exposées augmentent fortement le risque. Ne confondez pas randonnée et via ferrata : l’effort est aussi mental, surtout dans les dévers et les traversées aériennes. Ne sous-estimez pas les approches : 25 ou 30 minutes avant le départ pèsent dans la fatigue globale. Ne cherchez pas à tout enchaîner lors d’une première visite : les 3 760 m cumulés représentent une vraie journée, de 6 à 8 heures au minimum selon les conditions.

La meilleure stratégie consiste à préparer un parcours principal et une option plus courte. Vous profitez ainsi du caractère du site sans subir la longueur, la météo ou l’exposition. C’est aussi ce qui fait l’intérêt de la via ferrata du Diable : chacun peut y trouver son itinéraire, du premier contact avec le rocher jusqu’à la grande sortie aérienne au-dessus des gorges.

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