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Via ferrata et tyrolienne

Via ferrata de l’Aiguillette du Lauzet : peu de dévers, mais 5 à 7 heures d’engagement

Benjamin Vincent 7 min de lecture
Via ferrata de l’aiguillette du Lauzet : viariste sur câble et vire rocheuse

La via ferrata de l’Aiguillette du Lauzet se prépare comme une véritable journée de montagne : approche soutenue, progression rocheuse et longue descente. Depuis le Pont de l’Alpe, près du Monêtier-les-Bains, comptez 5 à 7 heures au total et environ 900 mètres de dénivelé positif. La difficulté tient moins aux passages athlétiques qu’à l’endurance, au vide et à l’absence d’échappatoire.

Les repères pour décider si cette sortie vous convient

Situé dans le massif des Cerces, au-dessus du Lauzet, l’itinéraire rejoint une antécime panoramique. Il ne faut pas la confondre avec le véritable sommet de l’Aiguillette : AltitudeRando indique 2611 mètres pour l’antécime atteinte et 2717 mètres pour le sommet principal. La via ne constitue donc pas un accès équipé jusqu’au point culminant.

Via ferrata de l’Aiguillette du Lauzet dans le massif des Cerces avec ses vires rocheuses et son panorama alpin
Via ferrata de l’Aiguillette du Lauzet dans le massif des Cerces avec ses vires rocheuses et son panorama alpin
Repère À prévoir
Départ pédestre Pont de l’Alpe, vers 1710 m
Marche d’approche 45 minutes à 1 h 30 selon le rythme et le point retenu comme départ de la via
Via seule Environ 3 h ; des durées de 2 h 15 à 5 h sont rapportées
Descente 1 h à 2 h
Ensemble de la sortie 5 h à 7 h selon AltitudeRando, davantage avec des attentes ou de longues pauses
Dénivelé Environ 900 m au total ; 440 m sont attribués à la via
Échappatoire Aucune annoncée : ne pas compter sur une sortie intermédiaire

Les longueurs publiées ne sont pas homogènes : AltitudeRando annonce 1500 mètres, contre 500 mètres chez ViaFerrata.com. Cette divergence empêche de retenir une distance unique sans réserve. Pour organiser votre journée, privilégiez la durée globale et le dénivelé plutôt qu’une longueur isolée.

Une cotation variable, un engagement bien réel

Les descriptions vont de PD, « peu difficile », à AD, « assez difficile », AD+ ou AD à D. Ces écarts ne doivent pas masquer les caractéristiques concrètes : peu de dévers majeurs signalés, mais des prises naturelles à chercher, des passages aériens et une progression prolongée. Par rapport à une via courte et très équipée, l’Aiguillette demande surtout davantage d’autonomie en terrain de montagne.

Un pratiquant intermédiaire endurant y trouvera un objectif cohérent par conditions favorables. Pour une première expérience, une personne sensible au vide ou un enfant, mieux vaut choisir une via plus courte ou solliciter un professionnel. Savoir marcher longtemps ne garantit pas de rester à l’aise sur une vire exposée.

Rejoindre le Pont de l’Alpe et trouver le départ du câble

Le point de départ se trouve au Pont de l’Alpe, sur la route reliant Briançon au col du Lautaret, à proximité du hameau du Lauzet, sur la commune du Monêtier-les-Bains. Le stationnement s’effectue sur les emplacements disponibles près du pont, au bord de la route. Ce départ de randonnée étant fréquenté, arrivez tôt et respectez les restrictions locales sans empiéter sur les accès.

Localisation du départ au Pont de l’Alpe

Une approche qui compte déjà dans l’effort

Depuis le pont, empruntez le sentier montant vers les chalets de l’Alpe du Lauzet, situés autour de 1940 mètres, puis suivez la signalisation de la via vers l’Aiguillette. L’approche associe sentier de montagne et terrain plus minéral à proximité de la paroi. Les cairns peuvent compléter les indications, mais ne suffisent pas à identifier un itinéraire à eux seuls.

Prévoyez une carte et un topo récent : la carte IGN TOP25 3535 OT Névache Mont Thabor permet de préparer le secteur. Repérez également le retour avant de partir. Sur place, ne remplacez pas une indication manquante par une traversée improvisée dans les éboulis.

Utilisez l’approche comme un filtre de décision : si vous arrivez au premier câble déjà épuisé, en retard sur votre horaire ou inquiet dans les passages pierreux, la suite ne corrigera pas ces difficultés. Ce premier effort donne une indication concrète de votre marge physique du jour. Renoncer avant de s’engager reste plus simple que gérer la fatigue au milieu d’un parcours sans échappatoire.

Sur la via : chercher les prises et garder de la réserve

L’itinéraire alterne vires, dalles, petits murs, traversées et portions herbeuses ou pierreuses. Une vire est une banquette dans la paroi, parfois étroite ; son inclinaison modérée ne supprime pas l’exposition au vide. Les câbles, marchepieds et barreaux facilitent la progression, sans transformer toute la montagne en escalier métallique.

Du contact avec le rocher plutôt qu’une succession de barreaux

Les prises naturelles sont régulièrement sollicitées. Regardez où poser les pieds avant de tirer sur les bras, gardez une allure régulière et testez les prises douteuses sans arracher les pierres. Un passage étroit, décrit comme une faille ou une « boîte aux lettres », fait partie des particularités rapportées du parcours : un sac compact sera plus commode qu’un chargement volumineux.

Des portions en éboulis et des interruptions du câble sont également signalées. Elles demandent un pied sûr et ne doivent pas être considérées comme automatiquement faciles parce qu’elles ne sont pas équipées. L’emplacement et l’état précis des équipements doivent être vérifiés avec un topo récent et les informations locales ; cette présentation ne remplace pas le repérage sur place.

Un panorama à apprécier sans perdre sa vigilance

L’arrivée offre une large ouverture sur les Écrins, notamment les Agneaux, et, selon la visibilité, vers le Briançonnais, le Queyras et le Mont Viso. Marmottes et bouquetins peuvent aussi être observés dans le secteur. Arrêtez-vous sur un emplacement stable pour regarder ou photographier, restez à distance des animaux et ne les nourrissez pas. Leur déplacement au-dessus du parcours peut également provoquer des chutes de pierres.

Ne pas sous-estimer la descente vers le Pont de l’Alpe

La sortie de la via n’est pas la fin de l’effort. Le retour emprunte un itinéraire pédestre rejoignant le GR50, aussi appelé Chemin du Roy, puis le secteur du Pont de l’Alpe. Suivez les indications du retour et le tracé préparé, plutôt que de chercher à redescendre le long des câbles ou à couper directement vers le parking.

Comptez 1 h à 2 h selon votre aisance et les conditions. Après plusieurs heures de progression, la fatigue rend les appuis moins précis : ralentissez dans les lacets, les cailloux et les portions glissantes. Gardez de l’eau et une collation pour cette phase, au lieu de consommer toutes vos réserves à l’antécime.

Le brouillard, un névé ou une arrivée tardive compliquent l’orientation. Si le chemin attendu disparaît sous la neige ou devient incertain, ne vous engagez pas au hasard dans une pente. La préparation du retour doit être aussi sérieuse que celle des passages câblés.

Ouverture, météo et matériel : les vérifications avant le départ

La période généralement évoquée s’étend de juin à octobre, mais elle ne garantit pas l’accès. Les calendriers publiés varient du 1er juin au 15 octobre ou du 15 juin à mi-octobre. Enneigement, travaux, protection de la faune ou fermeture administrative peuvent modifier ces repères. Avant le déplacement, renseignez-vous auprès de l’Office de tourisme de Serre Chevalier ou du gestionnaire pour connaître l’ouverture et les éventuels signalements sur les équipements.

  • Équipement individuel : casque, baudrier adapté, longe de via ferrata avec absorbeur d’énergie, chaussures accrocheuses et gants si souhaité.
  • Fond de sac : eau adaptée à une longue journée, nourriture, couche chaude, protection contre la pluie, protection solaire, téléphone chargé et carte hors ligne.
  • Compétences : maîtrise des mousquetonnages et des espacements ; un éventuel assurage complémentaire à la corde demande une personne compétente.

Choisissez une journée stable, sans risque orageux sur le créneau complet. Pluie, neige, glace, vent fort ou mauvaise visibilité justifient de reporter la sortie. Un départ matinal aide à gérer fréquentation et horaire, mais ne rend pas une prévision défavorable acceptable. Enfin, vérifiez mutuellement votre équipement avant le premier câble : la bonne décision se prend avant l’engagement.

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